Produits de base
Métaux, minerais et engrais
Matières premières industrielles et de réserve dont les deux économies sont des fournisseurs concentrés — acier et minerai de fer, combustible nucléaire, métaux spéciaux, engrais et or.
ÉvaluationConfiance modérée
Ceci n’est pas un conseil en investissement. Cette section explique l’exposition et les canaux de transmission ; elle ne recommande, ne classe ni ne nomme jamais de titres financiers. Les chiffres sont des estimations et portent leurs propres dates de référence et degrés de confiance.
État actuel
Confiance modérée · Données économiques au 2026-08
L’Ukraine et la Russie sont ensemble des piliers des marchés mondiaux des céréales, des engrais et de l’énergie. La guerre a durablement modifié le prix du gaz naturel européen, redirigé le brut russe vers l’Asie avec une décote, divisé le commerce en zones de conformité aux sanctions, et fait de l’assurance contre les risques de guerre en mer Noire un indicateur géopolitique en temps réel. La reconstruction, quel que soit le moment où elle commencera, sera l’un des plus grands programmes de construction de l’histoire européenne.
Modifié dans le bulletin — 2026-10-18 · Économie mise à jour
Produits de base
Matières premières industrielles et de réserve dont les deux économies sont des fournisseurs concentrés — acier et minerai de fer, combustible nucléaire, métaux spéciaux, engrais et or.
Énergie
Le plafonnement des prix, les embargos et la campagne de frappes contre les raffineries — les trois facteurs qui fixent les recettes d’exportation russes et l’approvisionnement intérieur en carburant.
Énergie
Une demande européenne structurellement réévaluée, le transit restant, et le GNL qui a remplacé ce qui s’est arrêté.
Commerce et transports
Le corridor de la mer Noire, les routes terrestres vers l’ouest et l’assurance qui fixe le prix des deux.
Agriculture et alimentation
Deux exportateurs parmi les cinq premiers, un corridor maritime, et les prix à la production et les prix alimentaires mondiaux qui évoluent avec lui.
Finances
L’argent extérieur qui maintient un État solvable, et le marché extérieur qui rend l’architecture de sanctions visant l’autre supportable.
Sanctions
L’architecture des restrictions, la vitesse à laquelle chacune de ses parties peut évoluer, et la question des avoirs gelés qui la surplombe.
Infrastructures
La campagne contre le réseau et le déficit de production qui en découle — une exposition industrielle et budgétaire avant d’être une exposition des ménages.
Effets économiques
Comment cette guerre atteint les prix, et où l’exposition se concentre réellement une fois qu’elle les atteint.
Tout ce qui suit est rédigé dans la fiche économique de ce module. Les chiffres portent le millésime de la publication qui les a produits, et non la date de cette page : la section est graduée en confiance modérée et ses chiffres sont indiqués au 2026-08.
| Produit de base | Pourquoi c’est important ici | Exposition |
|---|---|---|
| Acier et minerai de fer | Métallurgie ukrainienne lourdement endommagée ; les volumes exportés suivent la sécurité du corridor. | Exposition modérée |
| Uranium et combustible nucléaire | Rosatom reste largement non sanctionné et intégré aux cycles du combustible occidentaux — une lacune délibérée. | Exposition modérée |
| Titane et métaux spéciaux | Chaînes d’approvisionnement aérospatiales encore partiellement dépendantes de matériaux d’origine russe. | Exposition modérée |
| Or | Actif de contournement des sanctions et de réserve côté russe ; demande de valeur refuge en cas d’escalade. | Exposition faible |
| Engrais et potasse | Offre russe et biélorusse concentrée ; les exemptions aux sanctions maintiennent les flux, mais fragiles. | Exposition modérée |
Comment la pression l’atteint
Au 2026-01
Two facts set this exposure. The first is loss on the ground: the Donbas held Ukraine's coking coal and much of its metallurgy, and the closure of the last coking-coal mine outside Pokrovsk in January 2025, as the front reached it, removed the domestic input for Ukrainian steel. The second is the framework built around what remains: the United States–Ukraine agreement of 30 April 2025 established a Reconstruction Investment Fund with equal management and contributions, to which Ukraine commits half the state revenue from new licences for minerals, oil and gas while retaining ownership of the subsoil; core drilling on prospective sites was scheduled to restart in January 2026. Nothing in the agreement produces a mine on any near horizon — most listed deposits are Soviet-era occurrences never proven at commercial grade, and several lie in occupied territory. Rosatom's nuclear-fuel business remains outside the main sanctions architecture by design, and Russian titanium is still embedded in Western aerospace supply, which is the module's clearest case of a dependency that sanctions deliberately left alone.
Sources : Official government statements · Ukrainian state publications and official statements↗ · Reuters↗ · World Bank Ukraine damage and needs assessments
| Produit de base | Pourquoi c’est important ici | Exposition |
|---|---|---|
| Brut et produits | Le plafonnement des prix, les embargos et les frappes ukrainiennes contre les raffineries fixent la décote de l’Urals et les écarts sur les produits. | Exposition élevée |
Comment la pression l’atteint
Passe par Système énergétique
Organisations Rosneft (entreprise énergétique) · Gazprom Neft (entreprise énergétique)
Au 2026-05
Three instruments set what Russia earns from a barrel: the G7 price cap on services, the EU and UK import embargoes, and the discount buyers extract for taking sanctioned crude. The EU moved its cap from the fixed US$60 to a dynamic level set below the market average — US$47.60 from 3 September 2025 and US$44.10 from 1 February 2026 — while the United States kept the original US$60 figure, so the two regimes no longer agree. Enforcement runs through designations of vessels and traders rather than the cap number itself. The revenue effect compounds with price: federal oil-and-gas revenue fell 38 per cent year on year in January–April 2026 on the Finance Ministry's figures, driven mainly by lower prices in the preceding months, and the 2026 budget assumes Urals at US$59 — above where it traded for most of late 2025. Refinery strikes act on a different quantity again: they cut product exports and domestic supply rather than crude revenue, which is why the module keeps the three series apart.
Sources : European Union institutional texts and Council conclusions · US / EU / UK sanctions designations · CREA monthly analysis of Russian fossil-fuel exports and sanctions · Russian Central Bank and Rosstat published statistics · The Moscow Times↗
À surveiller
| Produit de base | Pourquoi c’est important ici | Exposition |
|---|---|---|
| Gaz naturel | Demande de l’UE structurellement réévaluée ; le transit restant et la substitution par le GNL sont des points de veille permanents. | Exposition élevée |
Passe par Système énergétique
Organisations Naftogaz (state enterprise)
Au 2026-03
Russian pipeline gas stopped crossing Ukraine on 1 January 2025 when the transit contract expired and Kyiv declined to renew it. The physical effect on Europe was small — the Ukrainian route carried a low single-digit share of European supply by then — and the political effect was concentrated in Slovakia and Hungary, which had kept buying through it. What remains is TurkStream into south-eastern Europe and Russian LNG, together still an estimated 13 per cent of EU gas imports in 2025 on the Commission's figure, against roughly 45 per cent before the invasion. The EU regulation phasing out both entered into force on 3 February 2026, with the stepwise ban applying from 18 March 2026, existing LNG contracts ending by 1 January 2027 and long-term pipeline contracts by 30 September 2027. On the Ukrainian side the exposure runs the other way: strikes on gas production and storage in 2025–26 forced Naftogaz to import several billion cubic metres for the heating season, financed externally. Gas is therefore two exposures — a European market that has already repriced and a Ukrainian system that has not stopped being struck.
Sources : European Union institutional texts and Council conclusions · IEA electricity and energy-security analysis · Ukrainian energy-system operator statements
Comment la pression l’atteint
Sources : CREA monthly analysis of Russian fossil-fuel exports and sanctions · FAO and FAO/WFP food-security and crop assessments · IEA electricity and energy-security analysis
Au 2026-03
Since August 2023 Ukraine has exported by sea under its own declared corridor rather than under the 2022 grain agreement, hugging the western Black Sea coast toward Romanian and Bulgarian waters. The arrangement holds not because Russia consents but because Ukrainian strikes pushed the Black Sea Fleet out of the western basin and made interdiction costly; it is a security outcome, not a legal one, and it is repriced every time a port or a vessel is struck. The Odesa port cluster carries about 90 per cent of Ukraine's exports, and the maritime share of corn, wheat and soybean exports rose from 91 per cent in 2024 to 95 per cent in 2025, which is what the Danube and the western rail routes were built up to substitute for in 2022–23 and now carry only at the margin. The transmission path to the wider world is therefore short: corridor security → war-risk premium and charterer appetite → loading volumes → global grain and oilseed prices within days. The insurance premium is the cleanest single reading of it.
Sources : Ukrainian state publications and official statements↗ · Reuters↗ · FAO and FAO/WFP food-security and crop assessments · Public market and insurance data
À surveiller
| Produit de base | Pourquoi c’est important ici | Exposition |
|---|---|---|
| Céréales et oléagineux | Les deux États comptent parmi les cinq premiers exportateurs ; les perturbations du corridor font bouger les prix alimentaires mondiaux en quelques jours. | Exposition élevée |
Comment la pression l’atteint
Passe par Réseau de la mer Noire
Au 2026-03
The war reaches grain through three separate mechanisms that reporting habitually merges. The first is land: mined and occupied farmland, and the loss of the southern and eastern oblasts' share of the sown area, set the harvest ceiling before weather does. The second is the corridor, which sets how much of the harvest leaves and at what discount. The third is the farm gate: freight, fuel, fertiliser and credit costs that decide whether the next season is planted at all. Ukraine exported 22.3 million tonnes of grain in the 2025/26 marketing year by 2 March 2026 against 29.6 million tonnes at the same point a year earlier, on the agriculture ministry's count — a smaller crop and a slower start, not a corridor failure. Global prices moved less than in 2022 because the market has priced the corridor as functioning; that is exactly why any port strike now moves prices more than the tonnage involved would suggest.
Sources : Ukrainian state publications and official statements↗ · Reuters↗ · FAO and FAO/WFP food-security and crop assessments
Comment la pression l’atteint
Au 2026-10
Ukraine's state does not finance its own budget and will not while the war lasts; the question each year is which instrument covers the gap and on what conditions. For 2026–27 the answer is a €90 billion EU loan agreed by the European Council on 18–19 December 2025, financed by EU borrowing backed by the budget headroom rather than by the immobilised Russian assets, after the asset-backed "reparations loan" option failed to secure agreement. Parliament approved the package in February 2026 and the Council finalised it on 23 April; roughly €60 billion is for military and defence-industrial needs and €30 billion for budget support, with disbursement from the second quarter of 2026 under rule-of-law and anti-corruption conditions. Ukraine repays only once it receives reparations, and the EU reserves the right to use the immobilised assets to repay itself. The loan sits on top of the G7's 2024 ERA loans serviced from the windfall profits on those assets, and the IMF programme that sets the macro-framework. The structural point is that the asset question was deferred rather than settled: the money moved, the legal decision did not. The loan runs under Regulation (EU) 2026/467 of 24 February 2026 as an enhanced cooperation among 24 member states, with Czechia, Hungary and Slovakia outside it; a Council implementing decision on a Commission proposal makes the assistance accessible, the Commission decides each release of funds on Ukraine's requests, and disbursement must be complete by the end of 2028. On 2 October 2026 the Commission said it and Ukraine had found no external financing gap for 2026. The open question is 2027: at the 15–16 October summit President Zelensky asked for about €70 billion more, Slovakia's prime minister said his country would not take part and that Hungary's took a similar stance, Czechia's signalled the same, and no decision was reported.
Sources : European Union institutional texts and Council conclusions · Official government statements · IMF World Economic Outlook↗ · The Kyiv Independent↗
À surveiller
Comment la pression l’atteint
Oil price cap with maritime-services enforcement; EU import embargoes on seaborne crude and products; major banks cut from SWIFT; roughly $300 B of central-bank reserves immobilised abroad; export controls on dual-use goods and advanced technology; aircraft, insurance and shipping service bans. The system's weak point is third-country transshipment — enforcement actions, not new packages, are where the signal is. A US act authorising tariffs on major buyers of Russian energy passed the Senate 86–11 on 7 August 2026 and was signed into law on 18 September 2026. On 9 October OFAC General License 135 authorised transactions in Russian-origin diesel until 7 April 2027. On 16 October an executive order set the act's tariff increases — 500 per cent on Russian goods, 100 per cent on the five largest importers of Russian crude and gas buying on or after 18 October and on the top five evasion facilitators — and waived them in the same order, with most of the act's sanctions sections, until the President or the Secretary of State determines further action is appropriate. Sanctions under the earlier US executive orders on Russia stand.
Sources : US / EU / UK sanctions designations · European Union institutional texts and Council conclusions · CREA monthly analysis of Russian fossil-fuel exports and sanctions · Official government statements
À surveiller
Comment la pression l’atteint
Passe par Système énergétique
Organisations Ukrenergo (exploitant d’infrastructures)
Au 2026-03
Ukraine's thermal and hydro generation has been cut down over three winters of strikes, leaving a system that leans on nuclear baseload, distributed gas and diesel generation, and imports from the European synchronous area. The import channel is bounded by cross-border capacity and by the money to pay for it: monthly imports reached a record of about 1.26 terawatt-hours in February 2026 and fell to about 0.94 in March as demand eased and repaired units returned. The economic exposure is industrial before it is domestic — rolling restrictions are applied to industry first, so each winter converts into lost output, higher unit costs and a fiscal claim on partners for equipment, gas and emergency repair — and the deficit is a moving figure that depends on what was hit last week, which is why this module carries it as a mechanism rather than a number.
Sources : Ukrainian energy-system operator statements · The Kyiv Independent↗ · IEA electricity and energy-security analysis
Sources : Public market and insurance data · IMF World Economic Outlook↗ · World Bank Ukraine damage and needs assessments
Catégories sectorielles où la sensibilité au conflit est structurellement la plus élevée — descriptif, et non une recommandation portant sur un instrument quelconque.
Grands groupes de défense et munitionsServices publics européens et GNLProducteurs d’engraisNégociants agricolesAssureurs maritimes et P&IIngénierie et reconstructionCyberassurance
Sources : Public market and insurance data
Au 2026-02
The 2022 shock has largely passed through European prices; what remains is structural, and it works through three channels that no longer move together. Energy: Europe replaced Russian pipeline gas with seaborne LNG, so its marginal price is now set in the global LNG market — lower than the 2022 peak, higher than the pre-war base, and exposed to any disruption anywhere, as the 2026 Gulf war demonstrated. Defence: NATO's June 2025 commitment to 5 per cent of GDP by 2035 (3.5 core, 1.5 related) converted a wartime surge into a multi-year procurement cycle, the war's most durable market effect. Food: prices now move on corridor status rather than on the war's existence. The transmission into rates has correspondingly weakened; central banks treat the war as a supply-side risk to be monitored rather than as the driver it was in 2022. That normalisation is itself an exposure — a market pricing the war as background is the one that moves most when it is not.
Sources : IEA electricity and energy-security analysis · European Union institutional texts and Council conclusions · NATO official texts and summit declarations↗ · IMF World Economic Outlook↗
À surveiller
Une économie de guerre maintenue solvable par le financement extérieur : environ la moitié des dépenses publiques va à la défense, le déficit est financé par les partenaires, et la capacité d’exportation suit la sécurité du corridor de la mer Noire.
Agriculture (importance mondiale), technologies de défense et drones (croissance la plus rapide), métallurgie (endommagée par la guerre), services informatiques (source de recettes d’exportation), énergie (réseau frappé à répétition), et un portefeuille de reconstruction qui est déjà un instrument diplomatique.
Côté bénéficiaire du système de sanctions : soutien budgétaire, produits des avoirs gelés, accès au marché de l’UE en franchise de droits. Le contrôle des capitaux et un taux de change administré sous-tendent la stabilité ; la crédibilité de la Banque nationale est une réussite discrète du temps de guerre.
Calendriers de décaissement de l’aide ; volumes de récolte et du corridor ; tenue du réseau pendant l’hiver ; décisions de financement de la reconstruction liées aux avoirs russes immobilisés.
Une économie de guerre sanctionnée en surchauffe : les dépenses militaires tirent la croissance tandis que l’inflation, les pénuries de main-d’œuvre et un fonds de réserve liquide en diminution accumulent les tensions sous la surface.
Les hydrocarbures (l’ancre du budget), une industrie de défense en régime de guerre à plusieurs équipes, l’activité nucléaire mondiale de Rosatom largement non sanctionnée, les engrais, et l’or à la fois comme exportation et comme moyen de contournement.
Le contournement du plafonnement des prix fonctionne mais coûte cher ; les importations de composants passent par des réseaux de transbordement soumis à une pression croissante des sanctions secondaires ; l’isolement bancaire renchérit les coûts de transaction sur tout. Le système fuit — mais chaque fuite a un prix.
Décote de l’Urals et mesures d’application ; taux directeur et tensions sur le marché du travail ; rythme de ponction de la part liquide du FBN ; arrêts de raffineries dus aux frappes dans la profondeur et question de savoir si le rationnement intérieur du carburant survit à la saison des déplacements estivaux ; répartition entre volumes d’exportation de brut et de produits raffinés ; toute fissure dans les canaux de paiement chinois.
Les instruments économiques de Washington dans cette guerre sont la conception des sanctions, les contrôles à l’exportation et le plafonnement du prix du pétrole — des mesures qui visent les recettes russes plutôt que les forces russes, et qui survivent à tout cycle de crédits budgétaires.
Les programmes d’armement exigent des crédits votés ; les désignations ne deviennent pas caduques de la même façon. Cette asymétrie a fait des sanctions et des contrôles à l’exportation la partie la plus continue de la politique américaine pendant la guerre, et la moins sensible au débat intérieur sur l’aide.
L’UE est le filet de sécurité budgétaire de l’État ukrainien et le principal auteur de l’architecture des sanctions — les deux faits économiques qui déterminent le plus directement si l’Ukraine peut continuer à se battre et ce que la Russie gagne pendant ce temps.
Le remplacement du gaz russe par gazoduc a été le changement structurel le plus vaste et le plus coûteux que la guerre ait imposé à l’économie européenne. Il a durablement renchéri l’énergie industrielle européenne par rapport aux concurrents, et il a supprimé le levier dont Moscou pensait qu’il fracturerait la coalition dès le premier hiver.
Le processus d’adhésion et le financement de la reconstruction convergent en un seul instrument : de l’argent conditionné à des réformes judiciaires, anticorruption et administratives. Cela donne à Bruxelles une influence durable sur la forme de l’Ukraine d’après-guerre, et impose à Kyiv un programme de réformes à mener en pleine guerre.
La dimension économique de l’OTAN dans cette guerre est l’engagement de dépenses de défense et la capacité industrielle qui le sous-tend — l’Alliance est un acheteur et un prescripteur de normes plutôt qu’un bailleur de fonds de l’Ukraine.
Des budgets plus élevés ne se sont pas traduits par une production proportionnelle. Les capacités en obus, en intercepteurs et en propergols prennent des années à construire et dépendent de commandes pluriannuelles fermes que les gouvernements ont tardé à passer. C’est la leçon structurelle la plus claire que l’Alliance tire de la guerre, et la plus directement pertinente pour toute autre éventualité.
L’économie de guerre de la Pologne fonctionne dans deux sens : les coûts de l’accueil, du transit et du réarmement, et l’activité industrielle et logistique que ce même rôle génère.
Les corridors qui acheminent l’assistance militaire acheminent aussi les exportations ukrainiennes détournées de la mer Noire. Lorsque l’exportation maritime est contrainte, la pression se reporte sur la route et le rail polonais — et sur les agriculteurs polonais en concurrence avec les céréales qui arrivent. Le différend agricole est donc en aval de la campagne maritime, et non distinct d’elle.
La Chine est la raison pour laquelle les sanctions contre la Russie ont été supportables plutôt que décisives : un acheteur pour le brut, un fournisseur de composants, et un système de règlement hors du système désigné.
Le brut redirigé se vend sous le prix de référence, ce qui signifie que la Russie gagne moins par baril tout en continuant de gagner. C’est le mécanisme de plafonnement des prix qui fonctionne partiellement plutôt qu’il n’échoue : l’objectif était de maintenir le flux de pétrole et de réduire les recettes, et les décotes chinoise et indienne mesurent jusqu’où il a réussi.
La pression récente la plus lourde de conséquences ne s’exerce pas sur la Russie mais sur les banques et les entreprises qui traitent avec elle. La prudence des institutions chinoises face à l’exposition secondaire a périodiquement ralenti les paiements plus efficacement que les désignations primaires — l’élément le plus clair indiquant que la relation de soutien a un prix que Pékin n’est pas disposé à payer en totalité.
Pour une économie lourdement sanctionnée, cette guerre est la plus grande source disponible de devises fortes et de matières premières — ce qui fait de la relation d’approvisionnement une bouée de sauvetage économique plutôt qu’un choix de politique étrangère.
La conséquence économique la plus durable pourrait être institutionnelle plutôt que bilatérale : le groupe d’experts de l’ONU chargé de surveiller les sanctions contre la Corée du Nord a perdu son mandat à la suite d’un veto russe en 2024. Quels que soient les volumes en jeu, l’architecture de surveillance qui les a documentés pendant quinze ans est ce que cette relation a le plus clairement supprimé.
Deux économies lourdement sanctionnées échangeant ce que chacune possède : savoir-faire iranien en conception et en fabrication contre argent liquide, aviation et technologie russes — une relation qui érode surtout l’architecture de sanctions appliquée aux deux.
La logique économique n’est pas un commerce au sens ordinaire mais un allègement mutuel de l’exclusion : chaque partie fournit ce que l’autre ne peut acheter sur les marchés ouverts. Ce schéma — des États sanctionnés comblant mutuellement leurs manques — est le même que celui visible dans la relation nord-coréenne, et c’est la faiblesse structurelle la plus claire que la guerre a révélée dans le modèle des désignations.
Une économie sanctionnée soudée à celle de la Russie : routes d’exportation, approvisionnement énergétique et accès financier passent tous par Moscou ou en dépendent, ce qui constitue le fondement matériel de la dépendance politique.
Les sanctions ont fermé à la Biélorussie l’accès au transit et aux marchés européens ; la Russie a fourni l’alternative. Il en résulte que le coût économique de la participation s’est converti en une intégration plus profonde avec l’État qui exigeait cette participation — ce qui explique pourquoi la pression économique sur Minsk n’a pas modifié sa position et n’est pas manifestement en mesure de le faire.
Une économie de guerre plutôt qu’une économie : les recettes proviennent de contrats d’État et de concessions de ressources, transitent par des sociétés-écrans opaques, et se paient en influence politique autant qu’en monnaie.
Concessions minières et accords sécurité contre ressources avec les régimes hôtes ; paiement en droits d’extraction autant qu’en argent. Les sociétés-écrans changent plus vite que les désignations ne peuvent les suivre — ce qui est voulu.
L’or et les minerais sortent par des plateformes commerciales régionales vers les marchés du Golfe ; la logistique s’appuie sur les transports de l’État russe. Décrit ici au niveau structurel uniquement — les routes sont documentées dans les désignations de sanctions et les enquêtes journalistiques, et non suivies en temps réel.
Économie de la protection dans les zones d’opération : services de sécurité intégrés aux budgets des régimes hôtes, prélèvements informels sur l’extraction, et éviction de la collecte formelle des recettes de l’État.
Nouvelles désignations et mesures d’application contre les entreprises facilitatrices ; stabilité des régimes hôtes au Sahel ; cours de l’or, qui fixe la valeur du modèle de concession.